L'épaisseur du temps, 2024
Installation
Argile crue, argile cuite, cire pigments dans une vitrine ancienne, néon par Chiara Capellini


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Vue de l'installion - Galleria Rupture, Venise

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A la façon d’un cabinet de curiosité, ce dispositif n’est pas sans nous rappeler ceux que l’on retrouve dans un muséum d’Histoire naturelle ou encore celui du musée de l’Homme. Dans cette façon de montrer, il y a en effet une volonté de mettre à distance, pour observer, étudier. A l’instar d’un chirurgien qui disséquerait des organes au scalpel, en créant ces êtres hybrides, il s’agit d’une tentative de disséquer l’essence de l’Etre des choses, pour sonder et pénétrer les tréfonds d’une âme universelle, voir cosmique.

En somme, cette action creative implique de s’installer dans un fragment parcellaire des 13 800 000 000 années de l’Histoire de l’Univers, et de s’en emparer en ouvrant une fissure pour créer un décalage dans le réel. C’est ainsi qu’il nous sera permis d’offrir une fulgurance de l’instant recelant des mystères éclairants, pour faire jaillir une certaine totalité, autrement dit : une autre réalité.

Or, si j’ai élaboré ce procédé, c’est également pour mettre en exergue le besoin viscéral, de l’homme à contrôler, dominer, domestiquer à travers les sciences, la culture, le savoir ; cette nécessité de domestiquer les espèces, la nature, les autres humains, mais aussi son propre corps. En somme tout espace.


Chacune de ces sculptures, chacun de ces fragments est unique et auto-suffisante, mais peuvent également s’assembler et s’unir pour créer une entité, pour former un Tout. Cet emboitement montre une capacité d’adaptation à l’Autre, une certaine recherche de lien. Si l’on s’essaie à anthropomorphiser ces sculptures, nous pourrons y voir des formes qui s’accouplent, qui sont en train de se générer entre elles. Ainsi, ces sculptures s’offrent dans une Unité de mouvement laquelle leur confère une étrange symbiose. Même si ces pièces peuvent au premier abord sembler macabres et morbides, ce sont des formes vitales, des formes en formation, bien vivantes en train de s’engendrer. Nous sommes donc ici entre genèse et métamorphose, dans la mesure où ces formes adviennent d’un engendrement, mais qu’elles restent inexpliquées et accidentelles puisque l’identité des êtres auxquels l’on fait face sont non identifiés...

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